Analyses de textes
illustrant les tendances récentes
de la recherche
Première Partie
Introduction au domaine
I. Manuels et ouvrages d’introduction
1. ASCH, S.E. Social psychology. Englewood
Cliffs, N.J., Prentice-Hall, 1952, 646 p.
Trois idées directrices inspirent ce manuel et lui
confèrent son originalité :
1. L'approche empiriste de la vie sociale (observation systématique et
expérimentation) est toute récente. Il faut admettre que la psychologie sociale
vit encore à l'ombre des grandes doctrines de l'homme formulées bien avant sa
naissance et qu'elle a emprunté beaucoup de ses idées aux disciplines voisines
et aux « philosophies sociales » des temps modernes. On ne peut comprendre
son développement qu'en se référant à
ces conceptions, même si elle tend justement à s'en affranchir. Ce souci ne
sera jamais abandonné tout au cours de l'ouvrage.
2. Si l'étude du comportement
social est une partie de la tâche d'une psychologie générale, les données et
les principes de cette étude ne peuvent être déduits de la seule considération
du comportement pris en dehors de son cadre social. C'est pourquoi, se
démarquant de la plupart des auteurs, Asch récuse comme bases d'interprétation
en psychologie sociale à la fois la théorie behavioriste et la théorie
psychanalytique.
3. En revanche, la « théorie
de la forme » lui semble avoir un champ d'application beaucoup plus
large que celui du comportement individuel extrasocial. Fournissant concepts et
hypothèses, cette théorie sera le « point de vue » selon lequel
l'ensemble des processus psycho-sociologiques seront abordés systématiquement.
Cette option détermine la composition de l'ouvrage
qui ne prétend pas être un « système de la psychologie sociale » mais
une suite de « chapitres » où seront examinés exhaustivement, pour
répondre à un désir d'approfondissement théorique et d'éclaircissement
empirique, quelques-uns des problèmes relevant de la discipline.
La première partie évoque ces « doctrines de
l'homme » dont la psychologie sociale est encore tributaire. Elle montre
que les théories d'inspiration purement biologique, psychanalytique ou
sociologique négligent des aspects fondamentaux de l'homme et de sa conduite
sociale. S'il est vrai qu'à la base de tous les faits sociaux on trouve les
forces psychologiques qui mettent les hommes en relation mutuelle, il ne
s'ensuit pas qu'on puisse construire une théorie de la société qui soit
exclusivement psychologique, car les relations entre les membres d'une société
présentent des régularités et des tendances spécifiques. Les sciences sociales
fournissent une connaissance de l'environnement social dont la psychologie a
besoin au même titre que celle de l'environnement physique et des
déterminations biologiques.
La seconde partie, « l'organisation dans les
événements psychiques », formule en termes empruntés à la Gestalttheorie
les principes nécessaires à la compréhension des faits psychosociaux. Dans les
domaines de la perception, de l'apprentissage, de l'émotion et de la pensée,
elle analyse d'abord « les propriétés structurelles de l'expérience et de
l'action ». L'homme entre dans la scène sociale avec des besoins et des
aptitudes définis qui constituent les fondements de l'action sociale. C'est
l'examen des propriétés des relations existant entre l'individu et ses
environnements non-sociaux qui rendra plus fine la compréhension des phénomènes
spécifiquement sociaux. Il y a une correspondance entre les processus
d'organisation, de groupement et d'appartenance au niveau psychologique et au
niveau sociologique.
Le clivage en « aspects invariants » et
« aspects changeants » remplace l'ancienne dichotomie entre
« instinct » et « habitude » pour décrire les actes motivés
et la façon dont l'expérience passée les affecte. La socialisation crée des
besoins et des capacités qui bouleversent la nature de l'homme. Au lieu
d'opposer superstructure culturelle et fondement biologique, il convient de
considérer la société comme le révélateur et l'expression de propriétés
humaines essentielles.
La troisième partie, « l'interaction
humaine », envisage la transformation des fonctions psychologiques par
l'insertion dans l'environnement social. Le milieu social engendre de nouveaux
modes cognitifs et émotionnels et donne à l'organisation de l'action sa
finalité. Il convient dès lors de dégager les processus qui rendent possible la
compréhension mutuelle de la part des individus et des groupes. L'analyse des
caractères spécifiques, des moyens et des produits de l'interaction
psychologique à l'œuvre dans l'expression des émotions, la perception des
personnes et des groupes, conduit à la notion d'un champ social incluant
l'environnement, les propriétés psychologiques des individus et la sphère
d'action objective. De la sorte s'élabore une théorie structurale des relations
entre individus et groupes, à la fois distincts et inséparables, et des
processus de groupe.
De cette considération des aspects essentiellement
cognitifs de l'expérience sociale, la quatrième partie passe à l'étude des
« besoins sociaux », des motivations et des buts d'action engendrés
par les conditions de groupe. La plus grande place est accordée au problème du
Moi et à la distinction entre Moi et Soi (Ego et Self). L'identification
personnelle est une condition de l'action sociale. Le Soi émerge de
l'affrontement avec l'environnement et de l'interaction avec autrui. De ce fait
apparaissent des besoins sociaux comme l'intérêt objectif pour l'environnement,
l'orientation vers un accomplissement social. L'orientation vers le moi et
l'orientation vers la tâche sont marquées par des différences fonctionnelles.
L'action sociale exigeant un équilibre entre la satisfaction des besoins du moi
et celle des besoins d'autrui et du groupe, on est amené à reconsidérer les doctrines
utilitaristes et hédonistes.
La discussion sur la sociabilité (social interest), contestant les théories
instinctivistes, environnementalistes ou freudienne, la fait apparaître comme
une tendance « naturelle », étroitement solidaire du développement
cognitif et émotionnel au contact des autres. La vie sociale est le milieu
naturel et nécessaire de l'organisme humain, à la fois source de liberté et
d'oppression. Dans cette perspective sont ensuite examinées la genèse des
règles et des valeurs et l'incidence de la culture sur les besoins sociaux. Les
« propriétés structurelles de l'expérience et de l'action »
conduisent à admettre le relativisme des modèles culturels tout en maintenant
l'idée de nature humaine.
La cinquième partie, où la
position gestaltiste de l'auteur prend toute sa portée, est entièrement
consacrée aux « effets des conditions de groupe sur les jugements et les
attitudes ». Elle fait une grande part aux travaux expérimentaux qui
permettent de statuer sur des phénomènes comme : les processus
d'imitation, de suggestion et d'influence sociale ; les facteurs
structuraux dans la compréhension et l'évaluation des propositions
assertives ; l'effet des pressions du groupe dans la modification et la
distorsion des jugements ; la dynamique de la conformité et du
consensus ; les processus d'autorité et de décision dans les petits
groupes ; les déterminants et les cadres sociaux des opinions et des
attitudes ; les propriétés, fonctions et racines psychosociologiques
communes aux attitudes (ou sentiments sociaux), opinions et croyances
sociales ; les effets de la propagande.
2. KOCH, S. (ed). Psychology : a study of a science. Vol.
3 : Formulations of the person and the social context. Vol. 6 : Investigations
of man as socius : their place in psychology and the social sciences. New
York, McGraw-Hill, Vol. 3, 1959, 837 p. ; Vol. 6, 1963, 791 p.
Sommaire :
Volume 3
MURRAY, H. A. "Preparations for
the scaffold of a comprehensive system" ;
RAPPPORT,
D. "The structure of psychoanalytic theory : a systematizing
attempt" ;
ROGERS, C.
R. "A theory of therapy, personality and interpersonal relationships, as
developed in the client-centered framework" ;
CATTEL, R.
B. "Personality theory growing from multivariate qualitative
research" ;
KALLMANN,
F. J. "Psychogenetic studies of twins" ;
ASCH, S. E.
"A perspective on social psychology" ; NEWCOMB, T. M." Individual
systems of orientation" ; KATZ, D. ; STOTLAND, E. "A
preliminary statement to a theory of attitude structure and change" ;
LAZARSFELD,
P. F. "Latent structure analysis" ;
THELEN, H.
A. "Work-emotionality theory of the group as organism" ;
PARSONS,
T. "An approach to psychological theory in terms of the theory of
action".
Volume 6
SHERIF, M. "Social
psychology : problems and trends in interdisciplinary
relationships" ;
CAMPBELL, D. T. "Social
attitudes and other acquired behavioral dispositions" ;
LAMBERT, W. W. "Social
psychology in relation to general psychology and other behavioral
sciences" ;
OSGOOD, C. E.
"Psycholinguistics" ;
INKELES, A. "Sociology and
psychology" ;
FRENCH, D. "The relationship of
anthropology to studies in perception and cognition" ;
HALLOWELL, A. I. "Personality,
culture, and society in behavioral evolution" ;
SPINDLER, G. ; SPINDLER, L.
"Psychology in anthropology : applications to culture
change" ;
LOUNSBURY, F. G. "Linguistics
and psychology" ; LANE, R. E. "Political science and
psychology" ;
KATONA, G. "The relationship
between psychology and economics" ;
SIMON, H. A. "Economics and
psychology" ;
TOBIN, J. ; DOLBEAR, F. T.
"Comments on the relevance of psychology to economic theory and
research" ;
ARROW, K. J. "Utility and
expectation in economic behavior".
3. STOETZEL, J. La psychologie sociale. Paris, Flammarion, 1963, 316 p.
Résultat de 15 ans d'enseignement,
l'ouvrage se présente moins comme un traité ou un manuel que comme un guide
orientant le lecteur dans une science qui, pour couvrir un champ vaste et
dispersé, s'inscrit cependant dans une perspective unitaire et originale. Il
répond, dans sa construction, à la conception propre de l'auteur, fondée sur
l'examen de la psychologie sociale telle qu'elle est aujourd'hui
« culturellement et empiriquement constituée ».
Dans la partie introductive, est dressé l'historique
de la psychologie sociale depuis les interrogations pré-scientifiques (Hobbes,
Rousseau, Fourier notamment) et les précurseurs de la discipline aux États-Unis
(Ward, Small, McDougall, James, Baldwin, Cooley, Mead). La transition du passé
au présent semble marquée par l'apparition d'une méthodologie originale et par
une audace intellectuelle qui a permis de soumettre à l'observation empirique
tous les domaines du comportement humain, individuel ou collectif ; mais
les progrès de la psychologie sociale doivent également être rapportés à
l'évolution des disciplines apparentées : psychologie ; sociologie,
ethnologie. Cinq parties forment le corps de l'ouvrage abordant
successivement : les rapports de l'individu et de la société ; les
comportements psychologiques dans les conditions sociales ; la
personnalité du point de vue psychosocial ; l'interaction entre les
personnes ; la psychologie des masses.
Trois problèmes permettent de situer les rapports
entre individu et société. S'interrogeant tout d'abord sur la part du
biologique et du social dans l'équipement psychologique de l'individu, on est
amené à étudier les limites imposées par le milieu à l'ensemble des virtualités
positives constituées par l'hérédité. La socialisation de l'individu met
ensuite en évidence la nature sociale du comportement concret et l'importance
de l'acculturation qui permet l'adaptation sociale de l'individu au niveau
physiologique, biologique et psychosocial, sans pour autant exclure certains
effets traumatisants comme l'agression ou diverses conduites réactionnelles.
L'acculturation de l'individu est éclairée par les travaux sur la personnalité
de base, le caractère national, la déviance et par les études génétiques sur
l'apprentissage social, qui font d'elle un processus non plus spécialisé, mais
massif.
La deuxième partie s'attache à préciser
l'influence-des conditions sociales et surtout culturelles sur les fonctions
psychologiques. On note ainsi les variations culturelles des comportements
affectifs, l'interprétation psychosociale de l'affectivité et son
institutionnalisation. L'étude des sentiments dans le deuil permet de souligner
l'influence exercée sur les sentiments par la structure sociale et culturelle.
De même, au niveau de la perception, les observations expérimentales ou
culturelles montrent que les stimuli sont saisis dans un cadre significatif et
selon des catégories socialement déterminées. L'institutionnalisation de la
perception est illustrée par une réflexion sur l'art, la science et les
techniques. Enfin les caractères personnels de la perception permettent d'étudier
les variations introduites par le rôle du sujet social. À propos de la mémoire,
les psychosociologues ont surtout étudié les facteurs psychosociaux de la
mémoire (rôle de la signification culturelle et des attitudes dans la
mémorisation, cadres sociaux de la mémoire et mémoire collective). Les
comportements d'intelligence ont une dimension sociale dans leurs intentions et
leurs effets et la psychologie sociale a pu mettre en évidence le caractère
évaluatif de la notion d'intelligence, les variations du niveau d'intelligence
liées à la condition sociale des sujets ainsi que les variations culturelles de
la raison et des processus intellectuels.
L'étude de la personnalité d'un point de vue
psychosociologique commence, dans la troisième partie, par une réflexion sur la
notion de personne telle qu'elle peut être saisie dans la tradition occidentale
et dans l'expérience ethnologique. Il s'en dégage la notion d'un relativisme
culturel auquel les théories psychosociologiques elles-mêmes ne semblent pas
échapper. Pour en rendre compte, l'auteur présente successivement les
perspectives « substantialistes » qui rapportent à certains types,
facteurs ou traits de personnalité les comportements individuels en situation
sociale, puis le point de vue « situationnel. » qui explique ces
comportements par des habitudes, attitudes socialement acquises ou liées à des
statuts et à des rôles.
La quatrième partie, consacrée à l'interaction des
personnes, s’attache d'abord à la communication, en ses aspects linguistiques
et extralinguistiques. Un développement sur les comportements dans les petits
groupes éclaire les problèmes relatifs à la structure et au fonctionnement des
groupes, à l'autorité et au leadership. Les relations interpersonnelles sont
situées dans leur cadre social et culturel. Avec les études sur la perception
d'autrui sont évoquées les conditions de l'association interpersonnelle et du
fonctionnement de la relation ainsi établie.
Les problèmes de psychologie collective présentés
dans la cinquième partie concernent la psychologie des foules, dont relèvent
les phénomènes de violence et d'enthousiasme collectif, les comportements dans
les catastrophes et les phénomènes de masse comme la mode, les rumeurs.
L'ouvrage s'achève sur un chapitre consacré à l'opinion publique et à l'information
collective.
4. DAVAL, R. ; BOURRICAUD, F. ;
DELAMOTTE, Y. ; DORON, R. Traité de psychologie sociale. Paris, Presses
Universitaires de France, T. I, 1963, 530 p. ; T. II, 1964, 497 p.
Tome Premier
Première Partie : 1)
Psychologie sociale et sciences de l'homme. 2) Quelques sources de la
psychologie sociale contemporaine.
Deuxième Partie : 1) La
méthode psychanalytique. 2) L'interview. 3) Les échelles d'attitudes. 4) Le
psychodrame. 5) Le test sociométrique. 6) L'analyse de contenu.
Tome Second
Première Partie : La socialisation de l'enfant. 1) La prématuration. 2) La
croissance. 3) La communication. 4) L'intégration sociale.
Deuxième Partie : La formation de l'adulte. 1)
Les sources historiques. 2) Phénoménologie des groupes restreints. 3) Relations
humaines et dialectique des méthodes.
Troisième Partie : Le travailleur dans
l'entreprise.
Livre Premier : le travailleur et
l'organisation : 1) L'enquête de Hawthorne. 2) Les attitudes au
travail : le rendement, le « moral ». 3) Le commandement et
l'organisation.
Livre Second : les travailleurs et l'action
syndicale : 4) Du petit groupe au syndicat. 5) La négociation de la
convention collective. 6) La signification de la convention collective et le
recours ouvrier. 7) La consultation organisée.
Quatrième
Partie : Le consommateur, les produits, la publicité. 1) Les
implications psychologiques de la théorie du prix. 2) La perception des
produits, de la publicité et des marques. 3) Signification culturelle de la
consommation. 4) Influence et publicité.
5. LÉVY, A. Psychologie
sociale. Textes fondamentaux anglais et américains. Paris,
Dunod, 1965, xiii - 565 p.
Ce recueil de textes réunit des articles et des
extraits d'ouvrages traduits de l'anglais. Les 35 titres se répartissent sous
les rubriques suivantes :
Première Partie - Individu et vie
sociale : 1) Concepts
de personnalité et de rôle ; 2) processus de socialisation ; 3)
perception sociale, motivations et attitudes ; 4) processus de
communication et d'influence.
Deuxième Partie – La dynamique des groupes
restreints : 5) la
dynamique des groupes restreints.
Troisième Partie – Structures des organisations et processus de changement : 6)
concepts de structures sociales ; 7) les processus de changement dans les
organisations sociales.
On trouve au début de chaque partie une
introduction et une bibliographie.
6. MAISONNEUVE, J. La psychologie sociale. Paris, Presses Universitaires de France,
coll. « Que sais-je ? », 6e éd. refondue, 1964, 126
p.
Ne prétendant pas couvrir le domaine de la
psychologie sociale dans son ensemble, cet ouvrage est conçu comme une
initiation à quelques aspects et problèmes fondamentaux de la discipline.
L'objet propre de la psychologie sociale est défini comme l'interaction et la
relation : interaction des influences sociales et des personnalités
singulières, relations interindividuelles et intergroupes. L'ouvrage comporte
deux grandes parties, la première traitant de la communication et de ses cadres
sociaux, la seconde étant consacrée à l'étude des interactions et à la
dynamique des groupes.
C'est l'aspect spontané de la sociabilité qui est
d'abord examiné à la lumière des apports de la psychanalyse qui tend à en
dégager les ressorts et de la psychologie génétique qui en établit les étapes
(chap. 1). Le chapitre suivant procède à une analyse phénoménologique de la
sociabilité qui s'efforce de saisir la signification vécue du contact humain.
La sociabilité est enfin replacée dans ses cadres socio-culturels (chap.
3) : l'exposé porte successivement sur 1) certaines notions fondamentales
(culture et société, normes et modèles de conduite, statuts et rôles, groupes
sociaux) ; 2) les cadres sociaux des relations interpersonnelles ; 3)
les conduites de conformisme et de déviance.
La deuxième partie débute par un examen des
problèmes épistémologiques que pose l'étude des groupes restreints (chap. 1).
Un chapitre est consacré à la sociométrie, ses objectifs, ses concepts, ses
méthodes et son extension au domaine perceptif (analyse relationnelle de
Tagiuri). S'agissant des processus d'interaction et du système de rôles (chap.
3), l'exposé est centré sur l'analyse de Bales et sur l'approche clinique des
rôles de Benne et Sheats. Le deuxième chapitre qui traite de la dynamique des
groupes se réfère aux recherches de Lewin et de son école sur la cohésion des
groupes, sur le changement social et la résistance au changement, sur les modes
de leadership (expérience de Lewin, Lippit et Whyte), ainsi qu'aux travaux de
Sherif sur les tensions inter-groupales.
La conclusion comporte quelques remarques sur
l'intervention en psychosociologie.
N.B. La
8e édition publiée en 1967 apporte des modifications substantielles
dans le contenu de la 2e partie de l'ouvrage. Elle comprend deux
chapitres : 1) « Relations interpersonnelles » où un
développement sur la psychosociologie des affinités précède l'exposé sur la
sociométrie ; 2) « Processus collectifs » où sont successivement
examinés les points suivants : l'opinion, les préjugés et stéréotypes, les
rumeurs, la mode.
L'exposé des recherches sur les groupes restreints
est repris et développé dans l'ouvrage du même auteur La dynamique des groupes paru en 1968 dans la même collection [voir
l'analyse n° 104].
7. SECORD,
P. F. ; BACKMAN, C. W. Social psychology. New York, McGraw-Hill, 1964, 659
p. [Bibliographie : 993 titres].
Les auteurs de ce manuel, un psychologue (Secord)
et un sociologue (Backman), ont voulu, sans négliger l'exposé des travaux
classiques, faire état des recherches récentes en psychologie sociale. Tout en
cherchant à couvrir la discipline dans son ensemble, ils ont été amenés à ne
traiter qu'incidemment de deux thèmes de recherche : le comportement
collectif, qui a été relativement peu étudié ces dernières années, et
« culture et personnalité », qui tend à devenir un domaine d'études
autonome. On ne trouve pas dans cet ouvrage un cadre théorique unique, mais
pour chaque domaine un exposé des théories jugées les plus fécondes.
La première partie concerne les facteurs sociaux des processus perceptifs et cognitifs. Il s'agit
non seulement des facteurs sociaux jouant sur la perception des objets (ce qui
recouvre les phénomènes de saillance de certaines réponses, de perception
subliminale et ceux d'accentuation perceptive) mais aussi la perception des
individus en tant qu'objets sociaux. Dans les processus par lesquels on perçoit
ou juge un individu, entrent en jeu la personnalité du sujet percevant, la
quantité et le type d'information recueillie, le mode de relations établies
entre les personnes, les mécanismes d'inférence utilisés (catégorisation,
stéréotypisation).
Dans la deuxième partie, l'approche des processus d'influence est plus globale. Elle utilise le concept
d'attitude, celle-ci étant définie comme « régularité » des affects
et des pensées, et préparation à l'action. Plusieurs théories sont présentées
qui ont en commun une même vision de l'individu en quête d'une cohérence entre
les composantes affectives, perceptives et cognitives de ses attitudes. La
source de la communication persuasive (ses conditions de crédibilité et
d'efficacité) et le sujet influencé (ses dispositions et ses résistances au
changement d'attitude) sont étudiés dans le cadre de la théorie de la
dissonance cognitive (Festinger, 1957).
Le même processus d'influence est ensuite examiné,
non plus dans la communication face à face, mais dans les effets produits par
les mass-media. On discute la théorie de l'influence en deux étapes
(« two-step flow of communications », Lazarsfeld, 1948), pour
introduire dans le schéma explicatif de la communication persuasive le concept
de structure sociale.
L'émergence et l'évolution de structures dans de
petits groupes de sujets en interaction font l'objet des troisième et
quatrième parties, où les sources des « régularités » d'affects, de
pensées ou de conduite sont situées à deux niveaux : celui du
« comportement social élémentaire » (Homans), de l'échange direct de
récompenses primaires inhérent à l'interaction, et celui de la structure
institutionnelle.
C'est à la lumière de la théorie de l'échange
rendant compte des conduites sociales en termes de récompenses échangées et de
coûts encourus (Thibaut et Kelley, 1959 ; Homans, 1961) que sont analysées
les structures d'attitudes, d'influence, de statuts et de communication.
L'émergence des normes et la différenciation des rôles sont présentées comme
des processus concourant au développement de la structure sociale. L'influence
de tels processus est examinée plus particulièrement dans les groupes centrés
sur une tâche (productivité et satisfaction) et dans la formation des préjugés
et stéréotypes marquant les comportements intergroupes.
Du point de vue institutionnel on s'attache à
l'influence des systèmes sociaux sur le comportement de leurs membres.
L'analyse est faite à partir du concept de rôle social intégrant trois niveaux
d'explication : celui de la personnalité et des caractéristiques
individuelles ; celui des inter-relations entre personnes, et des status
et rôles qui y sont impliqués ; celui, enfin, de la culture et des
systèmes communs de croyances et de valeurs. Dans chaque cas, sont examinées
les sources des tensions qui troublent le fonctionnement des systèmes sociaux
et la manière de les résoudre.
La cinquième partie, puisant largement dans les
précédentes, s'intéresse à la socialisation,
processus par lequel l'individu apprend à se conformer aux normes des groupes.
L'approche « interpersonnelle » choisie, considère le comportement à
la fois comme fruit des dispositions individuelles et comme fonction de la
situation. On examine tout d'abord des mécanismes tels que l'identification,
l'apprentissage d'un rôle, puis successivement les facteurs sociaux et
individuels d'intériorisation des normes de conduite, la constitution de
l'image de soi, l'influence stabilisatrice de la structure sociale sur la
personne et les changements qu'elle induit.
8. BROWN,
R. Social Psychology. New
York, Free Press, 1965, xxiv-785 p.
La psychologie sociale qui n'est ni un système
théorique, ni une extrapolation à un niveau sociologique des phénomènes
psychologiques, ni une synthèse des savoirs de la psychologie et de la
sociologie, est définie ici par son objet, à savoir, l'ensemble des problèmes
qui échappent à la psychologie générale mais peuvent être explorés par une
psychologie faisant appel à toutes les sciences sociales. Mal délimitée, la
discipline s'est développée selon des directions indépendantes, dotées chacune
de méthodes et de micro-théories autonomes. Refusant d'en faire la synthèse,
l'auteur présente en 14 chapitres des traditions de recherche différentes dans
un langage qui en utilise les concepts et théories, sans toutefois négliger les
rapprochements qui de fait, se manifestent partiellement entre ces traditions.
Dans une intention didactique, les exposés font une large part aux exemples
empiriques et expérimentaux pour ouvrir la voie aux modèles conceptuels et à
leur discussion. Une bibliographie détaillée figure à la fin de chacun des
chapitres qui sont regroupés en 5 grandes parties.
La première partie veut, en traitant du comportement
social des animaux, offrir une base de comparaison à la psychologie sociale de
l'homme exposée par la suite. L'étude des sociétés animales, s'appuyant sur la
théorie homéostatique de l'organisation sociale et sur les travaux des
éthologues aborde successivement la conduite sociale des animaux
(territorialité et dominance), le comportement de l'individu dans la société
animale et les processus du développement (« imprinting » et
« période critique »).
La deuxième partie est consacrée aux structures
selon lesquelles s'organise la conduite sociale. La notion de norme sociale,
rapportée aux régularités et aux attentes des conduites acquises, joue un rôle
central dans la description des structures sociales. Appliquée aux individus en
tant qu'ils sont acteurs sociaux, elle introduit aux concepts de culture, de
règles, à la classification des personnes selon les relations
interpersonnelles, la stratification socio-économique et les rôles sociaux. Ces
trois derniers éléments, constitutifs de la structure sociale font l'objet de
chapitres particuliers : une étude historique et interculturelle des
pronoms vocatifs permet de dégager un modèle universel où se différencient deux
dimensions des relations interpersonnelles : la solidarité et le statut
(chap. 2). La notion de statut socio-économique permet de comprendre la
stratification sociale en castes (statut imposé) et en classes (statut acquis),
et les conditions de mobilité dans les sociétés caractérisées par un continuum
des positions économiques (chap. 3). L'examen des théories du rôle amène à
définir le « rôle social » comme le système convergent des règles
prescrites aux individus en tant qu'ils appartiennent à une catégorie sociale,
de leurs conduites correspondantes et des attentes d'autrui. Il s'oppose au
« stéréotype » où les attentes concernant une catégorie sociale ne
concordent ni avec les règles prescrites, ni avec des comportements qui les
confirmeraient (chap. 4).
La socialisation de l'enfant est abordée dans la
troisième partie comme l'ensemble des processus d'acquisition de compétences,
de normes de jugement, d'attitudes concourant à la formation du système appelé
« personnalité ». Un tel système a le pouvoir de transformer la
culture qui l'a créé et c'est pourquoi les conceptions qui traitent la
socialisation du seul point de vue du contrôle des pulsions, de l'acquisition
de valeurs, de la conformité aux normes ou de l'intériorisation du surmoi
parental ne peuvent rendre compte ni de son aspect intellectuel ni du rôle
actif et créatif de l'enfant. Cherchant à cerner la façon dont l'enfant dégage
les normes et règles qui lui sont transmises implicitement en fonction de son
expérience propre et de ses capacités intellectuelles, l'auteur s'intéresse à
des domaines qui sont relativement extérieurs à la psychologie sociale :
l'exposé des théories de Piaget sur le développement de l'intelligence pose la
question de l'universalité des stades de socialisation intellectuelle par lui
définis (chap. 5) ; le langage, en tant que système culturel dont l'enfant
fait l'apprentissage, est traité (chap. 6) sous son double aspect :
grammatical (phonologie, morphologie et syntaxe) et sémantique (formation des
concepts, existence de signes non-linguistiques, rapports entre le langage, la
pensée et la société) ; c'est la théorie freudienne de l'identification et
du surmoi qui constitue le point de départ du chapitre consacré à la formation
morale ; divers travaux expérimentaux et théoriques fournissent des
données complémentaires sur le rôle joué dans l'apprentissage moral, par les
conditions d'éducation, l'imitation et les facteurs intellectuels (chap. 8).
S'agissant des rapports entre personnalité et
société, la quatrième partie fait état de courants de recherche qui, au plan de
la méthode comme de la théorie, ont fortement marqué le champ de la psychologie
sociale. Deux chapitres (9 et 10) sont exclusivement et respectivement
consacrés à l'exploration des dimensions de la personnalité constituées par le
« besoin d'accomplissement » (McClelland) et
l'« autoritarisme » (Adorno) ; ils font un exposé exhaustif des
différentes thèses et des critiques ou recherches qu'elles ont inspirées. Sont
ainsi mis en évidence les travaux qui ont fait du besoin d'accomplissement une
variable intermédiaire permettant de rendre compte, dans la lignée de Max
Weber, de l'économie par l'idéologie, et ceux qui ont élargi ou systématisé
l'approche des structures d'attitudes (Eysenck et Rokeach).
Traitant des processus psychosociologiques, la
cinquième partie s'attache aux phénomènes de changement dans les attitudes, la perception
des individus, les groupes et les collectivités. On présente d'abord les
modèles théoriques (congruité, équilibre, dissonance) qui tentent de
systématiser le savoir sur les changements d'attitude en s'appuyant sur le
principe de la cohérence cognitive (chap. 11). Ce principe est appliqué ensuite
au traitement des problèmes de la perception sociale (mécanismes de la
formation de l'image de soi et d'autrui, identification des émotions,
exactitude de la perception... (chap. 12) et à ceux de la dynamique des
groupes, en particulier : conformité, leadership, prise de risque (chap.
13). Un bref historique de la psychologie des foules introduit à la description
de divers comportements collectifs dont on présente une tentative de
formalisation en termes de théorie des jeux.
9. NEWCOMB,
T. M. ; TURNER, R. H. ; CONVERSE, P. A. Social psychology. The study
of human interaction. New York, Holt, Rinehart and Winston,
1965, 590 p.
Organisant le contenu de la psychologie sociale
autour de la notion d'interaction, ce traité procède à une sélection délibérée
des problèmes étudiés. L'interaction y est envisagée dans ses aspects
observables ou inférés, aspects toujours sous-tendus par des processus de
communication ; elle constitue une notion médiatrice entre les propriétés
des individus et celles des groupes. Le plan de l'ouvrage, découpé en 4
sections principales, s'inspire de cette conception.
1. La première Section traite des attitudes de l'individu et
précise à leur niveau le rapport de détermination réciproque qui s'institue
entre les processus d'interaction dans le groupe et les caractéristiques
propres de ses différents membres. La notion d'attitude est utilisée pour
décrire l'organisation des activités psychologiques de l'individu et se trouve
confrontée avec celles de motivation et de comportement manifeste. Les
problèmes posés par le changement des attitudes, leur résistance ou leur
stabilité sont éclairés par une théorie de « l'équilibre » entre les
différentes attitudes.
Les attitudes envers les objets perçus comme
connexes ou réciproquement dépendants tendent à devenir elles-mêmes congruentes
ou compatibles. S'il intervient une information ou s'il se produit un fait
nouveau concernant l'un des objets, l'ensemble du système se modifie pour
atteindre un nouvel équilibre ; celui-ci s'établit au terme d'une série de
transformations compensatoires, qu'il s'agisse d'un changement coordonné des
attitudes elles-mêmes ou de restructurations cognitives visant la situation et
ses composants. Le déplaisir résultant des modifications partielles du système
est plus ou moins bien toléré selon les cas ; mais en règle générale, il
pousse à la restauration de l'équilibre. Les attitudes sont ancrées sur des
objets plus ou moins « centraux » (focal objects) pour l'individu,
parmi lesquels on distingue : le « moi », dont la nature est
elle-même d'origine sociale et donne lieu aux attitudes « d'implication
personnelle » (ego-involvment), les groupes de référence, les autres
personnes, les « valeurs sociales globales ». Le plus souvent, la
restauration de l'équilibre interviendra au niveau des attitudes concernant les
objets les moins centraux pour un individu.
2. La deuxième Section traite des processus
d'interaction en tant que tels. On entend par là, lors d'activités
intéressant simultanément deux ou plusieurs personnes, ce qui se passe entre
elles, et non seulement chez chacune d'elles. Ainsi la perception
interpersonnelle ne se réduit-elle pas au comportement de prise et de
traitement de l'information concernant l'autrui perçu par tout individu
percevant, et le psychologue social doit-il tenter de comprendre les relations
entre le contenu perceptif acquis par A sur B et celui acquis par B sur A,
et la façon dont ces relations se modifient à mesure que l'interaction se
prolonge.
Toujours dans le cadre des processus d'interaction
sont ensuite étudiés les comportements de communication, la formation des
normes de groupe et les réponses interpersonnelles.
3. La troisième Section envisage les structures et les propriétés
des groupes. Discutant d'abord de la « réalité » des groupes,
considérés comme des « entités » différentes des individus qui les
composent, elle met l'accent sur les groupes caractérisés par une interaction
face à face et d'une certaine durée. La description peut toutefois être
généralisée aux groupes où l'interaction est plus à distance et épisodique
(groupes ethniques, familiaux, etc.). Sont analysées successivement les
structures des relations interpersonnelles, les relations de rôle et les
principales propriétés permettant de décrire le groupe de façon
pertinente : taille, différenciation et intégration, uniformité des
attitudes, cohésion.
4. La quatrième Section décrit l'interaction dans des situations
de groupe (group settings). Elle s'attache d'abord à la complexité des
attentes de rôles auxquelles chaque individu est confronté dans ses différents
groupes d'appartenance, aux conditions dans lesquelles ces attentes peuvent
entrer en conflit et ces conflits eux-mêmes être maximisés ou minimisés.
L'accent est ensuite mis sur les conflits intergroupes (et leur réduction) à
partir d'une analyse des préjugés et de l'hostilité « ouverte ».
Un dernier chapitre concerne le travail, la
créativité, la manière dont le groupe atteint ses buts. Pareille atteinte ne
dépend pas seulement de la façon dont les membres proposent, critiquent,
révisent ou combinent leurs solutions individuelles, mais de leurs motivations.
Les rôles de meneurs, si divers qu'ils soient, reviennent généralement à ceux
qui font progresser le groupe en l'accomplissement de sa tâche tout en
maintenant dans son sein des relations interpersonnelles satisfaisantes. La
cohésion du groupe est d'ailleurs généralement fonction des processus
interactionnels qui conditionnent son efficience.
De nombreux schémas et diagrammes éclairent
l'ouvrage, qui présente également des « illustrations tirées de
recherches » et des résumés en hors-texte. Il comporte enfin trois annexes
méthodologiques (mesure des attitudes, méthodes d'enquête, système de
catégorisation des interactions de Bales), un index des principaux concepts et
une bibliographie étendue.
10. ZAJONC,
R. B. Social psychology : an experimental approach. Belmont,
Calif, Wadsworth, 1966, 120 p. Traduction française : Psychologie sociale
expérimentale. Paris, Dunod, 1967, x-139 p. [Bibliographie : 130
titres].
La lenteur de la
psychologie sociale à se constituer comme science autonome, avec son langage et
ses lois propres, est moins due à l'histoire scientifique qu'à l'évolution des
sociétés. Certes les questions qu'elle se pose ne datent pas du seul XXe
siècle ; mais il a fallu que les mécanismes institutionnels qui assuraient
aux conduites sociales leur uniformité et leur stabilité, se modifient et
laissent place à des situations culturelles et économiques plus fluctuantes et
plus hétérogènes, pour qu'apparaisse le besoin de recourir à de nouvelles
manières de comprendre le champ de l'interdépendance humaine. La psychologie
sociale est une de ces nouvelles voies d'investigation et son objet propre est
la dépendance et l'interdépendance entre les conduites individuelles. Une telle
définition met un accent particulier sur trois domaines de recherche : 1)
celui de la conduite sociale, i.e. la
dépendance de la conduite d'un individu par rapport à celle d'autres
individus ; 2) celui de l'interaction sociale, i.e. la dépendance mutuelle de deux ou plusieurs individus ;
3) celui des processus de groupe, i.e.
les conséquences de la conduite et de l'interaction sociales. Ce petit ouvrage,
destiné aux étudiants, est construit selon cette triple direction. À chaque
domaine est réservée une section où l'on présente les problèmes qui se posent,
les concepts employés et les expériences représentatives des méthodes et
techniques utilisées. Préférant approfondir certains points, l'auteur n'a pas
voulu être exhaustif. Ainsi sont écartées les recherches portant sur les
attitudes, les rôles, la socialisation, la cohésion des groupes et le
leadership, celles qui concernent des mécanismes psychologiques comme
l'affiliation, l'agression, la dissonance, etc. ou des problèmes inhérents au
fonctionnement social (délinquance, déviance, etc.).
Le comportement d'un
organisme est « social » dans la mesure où il peut être affecté par
le comportement d'autres organismes. Une telle définition s'applique aussi bien
aux hommes qu'aux animaux auxquels il est souvent fait référence dans les
exemples. La première partie de l'ouvrage est consacrée aux diverses formes
d'influence de la conduite des autres sur la conduite individuelle. Trois types
généraux de variables sont distingués selon que celles-ci se rapportent à la
motivation, à la perception ou au renforcement. Les variables relatives à la
motivation permettent d'analyser le comportement d'un individu comme une
réponse à un changement de ses motivations provoqué par le comportement d'une
ou de plusieurs personnes. Sont ainsi examinées les modifications de la
conduite individuelle résultant de la présence de spectateurs passifs (chap. 2)
ou de la présence d'autres personnes engagées dans la même activité que le
sujet (chap. 3). En ce qui concerne la perception, les réponses d'un individu
sont réglées par une série d'indices, de modèles fournis par autrui :
c'est le cas de l'imitation, de l'apprentissage indirect, de la conformité, où
l'individu bénéficie d'une manière ou d'une autre de l'expérience d'autrui
(chap. 4). Il y a enfin renforcement social dans la mesure où les réponses
d'une personne sont orientées par les récompenses ou les sanctions fournies par
d'autres personnes (chap. 5).
On peut également analyser
l'interaction sociale, autrement dit l'interdépendance entre deux ou plusieurs
individus, selon les trois dimensions précédentes (motivation, perception,
renforcement). Mais il faut bien voir que ces trois formes d'interdépendance ne
s'excluent pas et que l'interaction les comprend toujours en proportion
diverse. Bien qu'il y ait peu de travaux sur l'interdépendance motivationnelle,
celle-ci constitue une constante de l'interaction : les besoins des
individus se modifient en fonction des réponses qu'ils se fournissent
réciproquement. Sur le plan perceptif, étudier l'interdépendance c'est étudier
la communication, car les indices qui entraînent une modification des réponses
de personnes en présence l'une de l'autre, sont des éléments d'information dont
la transmission constitue l'essence de la communication. Les formes de la
communication (accidentelle, expressive, instrumentale) servent à différencier
les conduites de l'émetteur et du récepteur (chap. 6). Si l'on considère la
réciprocité des renforcements qui peuvent être positifs ou négatifs,
l'interdépendance apparaît soit comme une conduite de coopération (lorsque
chacun des partenaires répond à l'autre de telle sorte que s'établit un système
de renforcement mutuel positif), soit comme une conduite de compétition
(lorsque les réponses entraînent un système de renforcement mutuel négatif).
Dans cette perspective (chap. 7) le conflit devient une forme de la
compétition.
L'interdépendance et les
associations fonctionnelles qui en découlent ont pour les individus des
conséquences qui peuvent s'évaluer en termes de « coûts » et de
« bénéfices ». Au nombre des coûts figurent l'uniformité et la
différenciation : les uniformisations sociales sont dues à l'influence
directe du groupe sur l'individu entraînant la conformité et à la transmission
des apprentissages sociaux constituant la « culture ». Quant aux
différenciations sociales, elles résultent de l'émergence de structures et de
hiérarchies indispensables au fonctionnement des groupes. Par bénéfices de
l'interaction, on entend les produits de l'activité des groupes, les résultats
auxquels ils parviennent et qui peuvent être comparés aux résultats
individuels. Ce dernier chapitre, en même temps qu'il présente la manière dont
les problèmes de la productivité des groupes sont traités expérimentalement,
ouvre une perspective sur l'utilisation des mathématiques en psychologie
sociale.
11. HOLLANDER,
E. P. Principles and methods of social psychology. New York – Oxford,
University Press, 1967, 520 p. [Bibliographie : 766 titres].
Cette présentation
générale du domaine de la psychologie sociale met l'accent sur les courants de
recherche principaux et leur armature théorique, sans chercher à établir un
catalogue des résultats obtenus. L'illustration empirique est empruntée non
seulement aux travaux propres à la discipline, mais, pour souligner la position
stratégique de celle-ci, à d'autres sciences sociales (sociologie, économie,
science politique). C'est la notion d'influence sociale, considérée comme un
processus central, commun à divers phénomènes jusqu'alors abordés séparément en
psychologie sociale (changement d'attitude, socialisation, rôle, conformité,
leadership, etc.) qui fournit un cadre systématique aux analyses. Le temps est
tenu pour une dimension fondamentale du processus d'influence qui est traité
comme un processus « transactionnel ». Une telle perspective
s'inspire des travaux récents sur la cognition, les caractères perceptifs de
l'interaction et les concepts de récompense sociale ou d'échange social.
L'ouvrage part de
considérations générales et historiques, puis aborde les problèmes relatifs aux
attitudes, à l'interaction et à l'influence sociale pour déboucher sur l'étude
de phénomènes particuliers d'influence dans des contextes culturel, social et de
groupe. Le caractère organique du champ a rendu
nécessaire le recours à de nombreuses références entre les chapitres, montrant
la liaison entre les phénomènes psychosociaux par delà la frontière des
rubriques, ou réinsérant dans des cadres divers des notions préalablement
analysées dans leur généralité. Chacun des 15 chapitres est suivi d'un choix de
lectures.
Les trois premiers
chapitres forment une partie introductive, fournissant un vaste ensemble de
définitions et de termes de référence comme fondement à l'examen des problèmes,
théories et résultats de recherche présentés dans la suite de l'ouvrage. Ainsi
sont précisés l'objet, les questions, les perspectives et les variables de la
psychologie sociale contemporaine. Le champ actuel de la discipline est
délimité comme suit : processus de groupe, apprentissage social,
socialisation, langage et communication, changement d'attitude, communications
de masse, relations intergroupes et internationales. L'auteur, insistant sur la
nature « multi-causale » et « historique » de la conduite
sociale, définit ensuite le rôle des théories, les régions d'analyse et les
variables qu'elles isolent, puis présente les méthodes fondamentales et les
techniques particulières de la recherche empirique.
À travers l'ajustement
social, condition des changements adaptatifs et des conduites socialement
intégrées, le chapitre 4 étudie l'incidence des forces sociales sur la
dynamique de processus psychologiques fondamentaux dans l'ordre de la
motivation, de la perception et de l'apprentissage. Trois besoins d'affiliation
(identité sociale, support social et réalité sociale) sont les fondements de la
relation de dépendance et de l'influence.
Dans les chapitres 5 et
6 les attitudes sont envisagées de trois points de vue : 1) leur structure :
nature des composants des attitudes (cognitifs, affectifs, conatifs) et de
leurs relations structurelles ; 2) leur fonction : instrumentale,
défensive, expressive et cognitive ; 3) leur acquisition : la
socialisation, ses modes et ses conséquences pour l'identité personnelle. Les
diverses méthodes de mesure des attitudes sont également présentées ainsi que
les théories rendant compte de la dynamique de leur changement (recueil
d'information ; identifications sociales ; dissonance cognitive).
L'analyse de
l'interaction sociale, définie par les relations réciproques établies entre les
individus en état de dépendance mutuelle, est conduite dans le chapitre 7 au
plan de ses structures qui peuvent être soit formelles, relatives alors aux
rôles et statuts, soit informelles, relatives alors aux dispositions et
satisfactions des individus concernés. Parmi ces dernières, l'attraction et la
perception interpersonnelles font l'objet d'un examen détaillé. Un processus
d'échange social est également analysé dans la transaction que constitue
l'interaction.
Quatre chapitres sont
consacrés aux rapports entre culture et individu. Constitutive de la réalité
sociale, la culture exerce une influence sur les membres de la société par le
biais de la tradition, de la symbolisation et de l'intégration qui affectent
l'orientation des valeurs, le fonctionnement perceptif et les attentes
sociales. La continuité des cultures assurée par les institutions peut laisser
place au changement social du fait, notamment, du contact culturel et de
l'innovation technologique. En tant que partie de la culture, le langage est
étudié d'une part du point de vue de sa structure et de sa forme, d'autre part
du point de vue de ses caractères fonctionnels (influence culturelle, valeur
sémantique, système de codification). Son utilisation à des fins d'influence
est dégagée à travers la communication sociale et la propagande. Au niveau de
la personnalité, produit des relations complexes entre tendances biologiques et
influence sociale, l'approche psychosociale recourt soit à une optique
traditionnelle s'intéressant aux traits et dispositions, soit à une optique
transactionnelle, abordant l'influence comme un processus bidirectionnel. Elle
s'attache aussi aux rapports entre processus de groupe et caractéristiques
personnelles de ses membres et aux relations de dépendance entre personnalité
et attitudes et préjugés. À côté de la personnalité de base produite par la
culture modale, on distingue les effets spécifiques de l'appartenance à des
sous-groupes de référence qui véhiculent des valeurs, des attitudes et des
conduites déterminées à partir desquelles se définit l'identité sociale.
Concernant les groupes
et les processus qui s'y déroulent, les quatre derniers chapitres abordent
successivement les études relatives aux caractéristiques, propriétés et
facteurs essentiels du fonctionnement des groupes, à leur dynamique et aux
effets psychologiques sur leurs membres, enfin aux relations intergroupes et à
leurs modes de coexistence, coopération ou conflit. La conformité est analysée
sous l'angle de ses formes (uniformisation, normalisation) de ses facteurs
(personnalité ou situation) et de ses effets (bénéfices de l'échange social
dans l'interaction). Le leadership est envisagé comme une relation d'influence
et de transaction en fonction des demandes de la situation ; son étude
s'attache à ses sources, à ses fonctions et à ses « facettes » :
pouvoir, influence, innovation.
12. JONES,
E. E. ; GERARD, H. B. Foundations of social psychology. New York, John Wiley, 1967, 743 p.
[Bibliographie : 596 titres].
Les seize chapitres de
cet ouvrage constituent une présentation systématique de la psychologie sociale
privilégiant l'approche expérimentale et, de ce fait, plus sélective que
d'autres tentatives du même ordre. Dans leur introduction relative au champ de
la psychologie sociale, les auteurs en développent la définition
suivante : une sous-discipline de la psychologie, dont l'objet spécifique
est l'étude scientifique de la conduite des individus en tant qu'elle est
fonction de stimuli sociaux. Un aperçu historique débouche sur l'énoncé des
problèmes susceptibles d'être traités empiriquement par la voie expérimentale,
que viennent illustrer quelques exemples démontrant l'ampleur et la variété des
sujets abordés par les psychosociologues et mettant en évidence des similitudes
entre vie réelle et situation expérimentale. Un chapitre consacré aux méthodes
utilisées dans la discipline précède les développements sur ces problèmes et
théories majeurs.
Une distinction fondamentale
entre la dépendance de l'individu par rapport à son entourage, selon que
celui-ci produit certains effets (effect
dependence) ou détient certaines informations (information dependence) qui
lui sont nécessaires, vient éclairer le processus de socialisation selon lequel
les valeurs, croyances et systèmes d'appréhension du réel propres à un groupe
ou à une société sont intériorisés par ses membres. Dans la socialisation de
l'enfant, l'intériorisation des valeurs culturelles s'explique par sa
dépendance à l'égard des médiateurs directs de ses ressources (chap. 3). Le
développement cognitif est également déterminé (chap. 4) par le fait que
l'individu dépend d'autrui en tant que détenteur d'informations sur la réalité
et la manière de l'aborder. Les croyances et attitudes, dispositions
personnelles socialement développées pour permettre à l'individu de s'adapter,
sont étudiées dans le chapitre 5 comme attributs d'une construction
hypothétique (la personne minime) introduisant à la compréhension des phénomènes
majeurs en psychologie sociale.
Par référence à la
théorie de la dissonance, l'action est présentée, dans le chapitre 6, comme une
décision dont le processus se décompose en trois phases : avant la
décision, l'acte de décision lui-même, après la décision. La compréhension des
processus cognitifs qui précèdent ou qui suivent une décision permet d'examiner
la littérature sur les distorsions de la mémoire et de la perception dues au
besoin de constituer une réalité subjective compatible avec les croyances,
valeurs et attitudes (chap. 7).
Le chapitre 8 traite
d'un domaine essentiel pour la compréhension des comportements individuels
établis en réponse à des stimuli sociaux : à savoir, les déterminants des
processus cognitifs par lesquels de tels stimuli sont perçus et évalués par
l'individu.
La modification des
croyances, attitudes et conduites verbales sous l'influence de pressions
sociales est étudiée dans une autre série de chapitres. Les distinctions
avancées précédemment, à propos des types de dépendance et des séquences de
l'action, servent à intégrer dans un même schéma conceptuel les travaux sur le
processus de comparaison sociale (chap. 9), sur l'influence et la communication
dans les groupes (chap. 10), et sur les conflits cognitifs que suscite chez
l'individu la conformité ou la déviance par rapport à autrui (chap. 11). Les
problèmes relatifs au changement d'attitude sont présentés dans le chapitre 12,
en trois sections se rapportant aux caractéristiques de l'émetteur, à la nature
du message et aux conditions de l'audience.
Après avoir étudié la
façon dont la vie de l'individu est affectée par les comportements des autres
individus en tant qu'agents de socialisation, personnes stimulus, modèles de
comparaison, communicateurs, on aborde l'étude de l'interaction dyadique où les
acteurs s'influencent réciproquement par leurs réponses et leurs ressources
(chap. 13 et 14). L'ouvrage s'achève sur l'examen des problèmes propres à la
vie des groupes : comment l'appartenance à un groupe modifie-t-elle les cognitions,
les mobiles et les actions de ses membres ? Quelles sont les bases
psychologiques de la structure des groupes au niveau de la formation des normes
de groupe, de la différenciation des rôles et des phénomènes de
leadership ? L'ouvrage comporte également un lexique des termes en usage
dans la psychologie sociale expérimentale.
13. MANIS,
J. G. ;
MELTZER, B. N. Symbolic interaction. A reader in social psychology.
Boston, Mass., Allyn and Bacon, 1967, 514 p.
Directement inspirée de
G. H. Mead, mais également tributaire de penseurs comme James, Dewey, Cooley,
Baldwin et Cassirer, la théorie, ou plutôt la doctrine dite de
« l'interaction symbolique » se caractérise au sein de la psychologie
sociale par son orientation très nettement sociologique et des modes
d'approches spécifiques, plus ou moins phénoménologiques. Très répandue encore
chez les sociologues se spécialisant en psychologie sociale, elle est pour la
première fois présentée dans cet ouvrage qui dispose en 5 parties, après une
brève introduction, 44 articles ou extraits d'ouvrages déjà publiés.
La première partie met
en évidence les options théoriques et méthodologiques propres aux tenants de
l'interaction symbolique. Contre le behaviorisme, ceux-ci s'attachent aux
comportements symboliques implicites, seuls aptes à rendre compte du caractère
spécifique de la conduite humaine. Contre le déterminisme biologique, ils
affirment la primauté des processus sociaux dont ils font dériver les attributs
proprement humains par la médiation du langage. Pour eux l'individu reste une
source active et créatrice dans l'élaboration de sa conduite à travers
l'interaction avec autrui, et cette conduite ne peut être réduite à une réponse
mécanique aux stimulations externes ni aux pressions internes. S'inscrivent à
l'appui de ces thèses divers articles qui résument la pensée de Mead (Meltzer),
la rapprochent de celle de Freud (Sawanson), situent les développements récents
de la doctrine (Kuhn) ou précisent ses aspects méthodologiques en privilégiant
l'observation participante, « l'introspection sympathisante », les
tests ou les échelles d'attitudes centrés sur la personne comme telle.
Les trois parties
centrales permettent de mieux préciser les positions de l'école en développant
chacune un concept fondamental dans la pensée de Mead : la Société, le
Soi, l'Esprit. S'opposant aux courants sociologiques fonctionnaliste et
structuraliste, « l'interactionnisme symbolique » considère la
société comme un mouvement dynamique en devenir, procédant des interactions
entre les personnes. Il refuse le déterminisme social, où l'individu est traité
comme un récepteur passif d'influences sociales relativement rigides, et met
l'accent sur le rôle des relations interpersonnelles et la relation bilatérale
entre individu et société. Les différents chapitres insistent sur : 1) le
caractère distinctif des relations humaines qui reposent sur l'aptitude acquise
des êtres humains à construire et à partager des univers sociaux communs
(Blumer) ; 2) l'importance de la communication qui unit les individus dans
un processus social dynamique (Dewey) ; 3) l'unité de l'individu et du
groupe, et le rôle essentiel joué par les groupes primaires dans la formation
de l'homme (Cooley) ; 4) la pertinence de la notion de groupe de référence
pour traiter de la communication et des relations sociales (Shibutani) ;
5) le contexte que fournissent les rôles et les institutions pour l'élaboration
des conceptions de soi et des relations sociales (Gerth et Mills). Deux études
empiriques mettent en évidence la façon dont l'individu ou le groupe contrôlent
le cours des interactions (Davis ; Garfinkel.).
En dépit des critiques
adressées par les behavioristes, la notion de « Soi » paraît des plus
importantes si l'on veut comprendre la vie sociale. Certains représentants de
l'interactionnisme symbolique considèrent le Soi comme un processus dynamique
issu de la perception que l'individu a de son comportement et de la réponse qu'il y apporte ; d'autres le
voient comme une structure de rôles intériorisés ; d'autres enfin le
traitent comme un ensemble d'attitudes et d'évaluations. Les textes regroupés
sous ce concept présentent différentes approches du développement et du
fonctionnement du Soi. Le Soi comme objet, connaissance que l'individu élabore
sur lui-même, sur son apparence, ses attitudes, sa conduite, en se fondant sur
la perception qu'autrui a de lui et des attitudes qu'il lui manifeste
(Cooley) ; le Soi comme acteur, contrôlant l'image et la conduite qu'il
présente aux autres dans une perspective « théâtrale » (Goffman). La
théorie du Soi reçoit avec Kinch un traitement formel, tandis que Kolb fait une
analyse critique de la distinction entre « je » et « Moi ». Bain explore les relations du Soi et de la société par la médiation
du langage. Des travaux empiriques soulignent par ailleurs l'influence de la
famille et des rôles familiaux ou professionnels dans l'élaboration du concept
de Soi.
La partie consacrée à
« l'Esprit » (mind) précise le sens et les implications du concept
qui traduit une activité, un processus mental, une conduite implicite. Il est
présenté comme un processus de conversation interne apparentée à la
communication ouverte entre individus, et s'appuyant sur les mêmes symboles que
les comportements observables. Troyen souligne la genèse sociale et le caractère
adaptatif que l'activité mentale revêt chez Mead. Un article de Dewey en
présente une interprétation fonctionnelle et instrumentale. Des extraits de
Thomas, Strass et Goldstein illustrent le rôle de la désignation symbolique
dans la définition des situations de l'environnement humain et physique et des
comportements qui, ensemble, forment l'appui de l'action et de la connaissance.
Le dernier chapitre
regroupe diverses études empiriques illustrant la fécondité de la théorie,
l'ampleur et la diversité des problèmes qu'elle permet d'aborder. La conclusion
reprend, sous forme de propositions, les principes théoriques communs aux
différentes contributions. Rappelant les critiques qu'ils ont suscitées
(indétermination de certaines composantes ou dimensions de l'interaction ;
non-pertinence par rapport aux problèmes macrosociologiques ; omissions
des aspects émotionnels et inconscients de la conduite humaine ; caractère
peu heuristique des concepts), elle tente d'y apporter réponse, soulignant que
la théorie de l'interaction symbolique, comme toutes les théories
psychosociologiques, mérite d'être affinée et mieux testée.
14. SWINGLE, P. G. Experiments in social psychology. New York –
London, Academic Press, 1968, 258 p.
L'ouvrage
s'offre comme un instrument d'initiation aux problèmes et procédures de la
recherche expérimentale en psychologie sociale. L'accent y est mis sur
l'expérimentation en laboratoire présentée non comme la miniaturisation ou la
reproduction artificielle de situations sociales réelles, mais comme la
création d'une « culture » spécifique que le chercheur manipule pour
observer et mesurer des comportements sociaux produits sous des conditions
étroitement contrôlées. Pour illustrer la valeur scientifique de
l'expérimentation, dégager les règles de sa pratique et permettre au lecteur
d'en acquérir la maîtrise, l'auteur appuie ses développements sur un certain
nombre d'articles expérimentaux, qui peuvent être considérés comme des modèles
du genre et qu'il reproduit. Il rend par ailleurs accessibles la formulation
expérimentale et l'opérationnalisation de problèmes de la vie sociale en
développant à partir d'exemples concrets, choisis dans des domaines centraux
pour la recherche, des paradigmes expérimentaux simples, facilement réalisables
et pour lesquels il fournit un guide de réalisation, d'exploitation et de
rédaction.
Les chapitres et les
expériences reproduites s'ordonnent autour des thèmes suivants :
— La
psychologie sociale expérimentale : S. Milgram : "Some conditions of obedience and disobedience to
authority."
— Conformité et
accord : R. S.
Crutchfield : "Conformity and character" ; R. R. Blake, J.
S. Mouton, J. D. Hain : "Social forces in
petition-signing" ; A. S. Luchins, E. H. Luchins : "On
conformity with judgments of a majority or an authority."
— Dissonance et changement
d'attitude : P.
Zimbardo : "The effect of effort and improvisation of self-persuasion
produced by role-playing" ; J. M. Rabbie, J. W. Brehm, A. R.
Cohen : "Verbalization and reactions to cognitive dissonance."
— Biais introduit par
l'observateur : M. T.
Orne : "On the social psychology of the psychological
experiment" ; R. Rosenthal, P. Kohn, P. M. Greenfield, N.
Carota : "Data desirability, experimental expectancy, and the results
of psychological research."
— Brainstorming : M. D.
Dunette, J. Campbell, K. Jaastad : "The effect of group participation
on brainstorming effectiveness for two industrial samples."
— Formation de coalition : H.
H. Kelley, A. J. Arrowood : "Coalitions in the triad : critique
and experiment." W. E. Vinacke, D.C. Crowell, D. Dien, V. Young :
"The effect of information about strategy on a three-person game."
— Contrôle opérant et prise
de décision en groupe :
G. Levin, D. Shapiro : "The operant conditioning of conversation" ; E. P.
Hollander : "Competence and conformity in the acceptance of
influence."
— Comportement de
jeu : D. Marlowe, K. J.
Gergen, A. N. Doob : "Opponent's personality, expectation of social
interaction and interpersonal bargaining" ; M. Pilisuk, P. Potter, A.
Rapoport, J. A. Winter : "War hawks and peace doves : alternate
resolutions of experimental conflicts."
15. LINDZEY, G. ; ARONSON, E. (eds). Handbook
of social psychology. 2e édition. Reading, Mass., Addison
Wesley.
Vol. 1 Historical
introduction. Systematic positions. 1968, 653 p.
Vol. 2
Research methods (à paraître)
Vol. 3 The individual in a social context (à paraître)
Vol. 4 Group psychology and phenomena of interaction (à
paraître)
Vol. 5 Applied
social psychology (à paraître).
Quatorze ans séparent
les deux éditions de ce manuel. Les modifications de la deuxième édition
enregistrent les progrès méthodologiques et les orientations nouvelles qui se
sont manifestées dans le domaine de la psychologie sociale durant cette période
marquée par une intense activité. Nous reproduisons ici le sommaire des volumes
qui la composent.
Volume 1 :
Allport, G. W. "The historical background
of modern social psychology".
Berger, S. M. ; Lambert, W. W.
"Stimulus-response theory in contemporary social psychology".
Rosenberg, S. "Mathematical models of
social behavior".
Hall, C. S. ; Lindzey, G. "The
relevance of freudian psychology and related viewpoints for the social
sciences".
Zajonc, R. B. "Cognitive theories in
social psychology".
Deutsch, M. "Field theory in social
psychology".
Sarbin, T. R. Allen, V. L. "Role
theory".
Cyert, R. M. ; Maccrimmon, K. R.
"Organizations".
Volume 2 :
Aronson, E. ; Carlsmith, J. M.
"Experimentation in social psychology".
Mosteller ; F. Tukey, J. W. "Data
analysis, including statistics".
Scott, W. A. "Attitude measurement".
Abelson, R. P. "Simulation of social
behavior".
Weick, K. E. "Systematic observational
methods".
Lindzey, G. ; Byrne, D. "Measurement
of social choice and interpersonal attractiveness".
Cannel, C. F. ; Kahn, R. L.
"Interviewing".
Holsti, O. R. "Content analysis".
Whiting, J. W. "Methods and problems in
cross-cultural research".
Hebb, D. O. ; Thompson, W.R. "The
social significance of animal studies".
Volume 3 :
Shapiro, D. ; Crider, A.
"Psychophysiological approaches in social psychology".
Berkowitz, L.
"Social motivation".
McGuire, W. J. "The nature of attitudes
and attitude change"
Tajfel, H. "Social and cultural factors in
perception".
Tagiuri, R. "Person perception".
Zigler, E. ; Child, I. L.
"Socialization".
Marlowe, D. ; Gergen, K. J.
"Personality and social interaction".
Miller, G. A. ; Mc Neill, D.
"Psycholinguistics".
Berlyne, D. E. "Laughter, humor and
play".
Child, I. L. "Esthetics".
Volume 4 :
Kelley, H. H. ; Thibaut, J. W. "Group
problem solving".
Collins, B. E. ; Raven, B. H. "Group
structure : attraction, coalitions, communications, and power".
Gibb, C. A. "Leadership".
Moore, W. E. "Social structure and
behavior".
Devos, G. A. ; Hippler, A. E.
"Cultural psychology : comparative studies of human behavior".
Inkeles A. ; Levinson, D. J.
"National character : the study of modal personality and
sociocultural systems".
Milgram, S. ; Toch, H. "Collective
behavior : crowds and social movements".
Scott, J. P. "The social psychology of
infrahuman animals".
Volume 5 :
Harding, J. ; Proshansky, H. ;
Kutner, B. ; Chein, 1. "Prejudice and ethnic relations".
Weiss, W. "Effects of the mass media
communication".
Vroom, V. H. "Industrial social
psychology".
Simon, H. A. ; Stedry, A. C.
"Psychology and economics".
Sears, D. O. "Political behavior".
Getzels, J. W. "A social psychology of
education".
Etzioni, A. "Social-psychological aspect
of international relations".
Dittes, J. E. "Psychology of
religion".
Freeman, H. E. ; Giovannoni, J. M.
"Social psychology of mental health".
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